Le 2 août, 2005...! André et moi prenons la route vers la grande ville pour y rencontrer ‘le groupe de Montréal' une dernière fois avant la grande aventure; tout cela est devenu quasiment routine pour nous. Sauf que, cette fois-ci, nous nous réunissons chez Odette. Bonne décision car c'est elle qui s'était présentée au consulat russe la semaine précédente pour récupérer nos passeports!
Nous sommes neuf autour de la belle longue table d'Odette à discuter des derniers préparatifs. (Galina et Boris sont déjà rendus ‘là-bas' depuis une couple de semaines). Et puis, surprise : Odette nous avait préparé un beau lunch! Avec l'aide, bien sûr, de son fils, Philippe, qui PARLE RUSSE. Tout cela nous met en mode d'anticipation. « Il ne nous reste que 4 dodos », ajoute Janine.
Après cette réunion, nous quittons les amis avec le sentiment de vraiment faire partie du groupe de Montréal. Cette rencontre était la preuve de la force de l'amitié! Merci Odette.
Susan Théoret
Le mardi, 16 août 2005 : vers la Russie
6h30. Ouf! Le lever est difficile. La veille, la soirée d'adieu a été longue. Nous devons quitter tôt, nos hôtes nous ont proposé de visiter la ville de Donetsk, où nous allons prendre l'avion pour Moscou.
Vers MoscouNos hôtes étaient fiers de nous montrer cette très belle ville située au sud de Lugansk. C'est une région boisée. Un très beau centre-ville. Nous passons devant le magnifique parc Taras Chevtchenko, avec au centre un monument en son honneur. Notre hôte, Victor, nous explique que cette ville est plus riche car on y retrouve tous les bureaux administratifs ainsi qu'une zone industrielle très développée. Nous aurions pu y passer la journée, tellement de choses à voir. Malheureusement, nous devons être à l'aéroport à midi.
Le vol ne dure que 2h30, et nous voilà à Moscou. Quelques hôtes nous attendent. Nouvelles présentations. Nos bagages sont montés à bord d'un autobus, et en route pour notre nouvelle destination, Korolev.
Comme toutes les grandes villes du monde, Moscou n'échappe pas à la congestion. Pare-choc à pare-choc, en pleine heure de pointe, nous sortons péniblement de la ville. À l'entrée de Korolev, nos hôtes respectifs nous attendent. Notre future hôtesse, Irina, nous fait vraiment bonne impression. Chaleureuse et souriante. Ici, beaucoup de verdure, mais toujours ces immeubles à appartements d'apparence si désolante, vestiges de l'ère communiste. Tous pareils, gris, construits en hauteur, entassés, sans aucune architecture, sans personnalité.
Nous faisons connaissance de son mari qui nous a préparé un bon souper. C'est un homme jovial et calme. Il aimerait nous dire beaucoup de choses sur son pays, sur les événements récents survenus en Russie, mais il s'exprime difficilement en anglais. Heureusement sa femme traduit pour lui. Ils nous parlent avec amertume de l'emploi à l'Agence Spatiale à Korolev qu'ils occupaient avant la Perestroïka, de la difficulté de se réadapter à un autre emploi tellement différent de leur formation scientifique. Elle, par exemple, est maintenant comptable dans une usine de jus en boîtes. Lui, a trouvé un autre travail en recherche, mais beaucoup moins passionnant. Les échanges avec nos hôtes sont intéressants dès le premier contact.
Ça augure bien! Une autre belle semaine en vue...
Janine Buist
Le mercredi, 17 août 2005: Korolev, Russie
Réveil un peu courbaturé, pour Pauline et moi. Peu habituées que nous sommes à dormir à deux dans un divan-lit qui en a vu bien d'autres. Nous devons donc nous faire à une certaine promiscuité. À cela s'ajoute : lit installé dans le salon sur lequel donnent des portes vitrées, salle de bain à partager à cinq dont la porte ne peut être fermée complètement, deux chats qui ne cherchent qu'à nous sauter sur les genoux même durant les repas - ayant malheureusement dédain des chats et de leurs longs poils cela me coupe l'appétit.
Arrivée plus tôt que prévue par le club de Korolev, une journée en famille était mentionnée sur l'horaire remis à notre arrivée. Nos hôtes n'ayant pas de voiture et ne pouvant pas vraiment communiquer avec nous car les parents ne parlent pas du tout l'anglais et leur jeune fille de 18 ans a une connaissance des plus limitée de la langue de Shakespeare. On se demande donc comment cette journée sera remplie. Heureusement, le téléphone sonne assez tôt le matin et on nous avise que l'on viendra nous chercher vers les 9h00. Kate, la jeune fille, nous prépare un lunch et nous accompagne en bas de l'édifice de 17 étages.
À notre arrivée la veille, j'avais vraiment l'impression d'entrer dans un taudis : porte d'entrée en métal de couleur rouille, ornée de graffitis, sombre corridor en béton sale et jonché de papiers et autres ‘traîneries', petit ascenseur grand comme une boîte de conserve dont on peut facilement questionner la capacité de grimper jusqu'au 17è étage. En attendant nos transporteurs, j'observe les gens qui sortent de l'édifice. Je suis surprise de constater à quel point les gens sont vêtus proprement et ont l'apparence des cols blancs comme on peut en voir n'importe où dans le monde.
Enfin, arrive un couple de jeunes gens blonds et souriants dans leur petite voiture. Tout de suite la conversation s'engage aisément en anglais. Vitali, le jeune universitaire de 21 ans, nous mentionne qu'il doit nous amener à Kolomenskoïe. Je me sens renaître. Nous parvenons, après de multiples appels téléphoniques entre Vitali et Marina et arrêts en bordure de route, au magnifique parc que constitue Kolomenskoïe. Il est déjà environ midi et tout le monde a faim : c'est l'heure du pique nique sur les bancs du parc. Les mieux pourvus partagent généreusement avec ceux et celles qui le sont moins. Nous demandons à Vitali et sa jeune soeur de 15 ans s'ils ont un lunch et ils nous répondent qu'ils ont déjà mangé. Nous entreprenons ensuite la visite de ce splendide site.
Village de KolomenskoeLe village de Kolomenskoïe est mentionné pour la première fois dans le testament d'Ivan le 1er, en 1339. Il devient au XVIe siècle une des résidences favorites de tsars. L'église de l'Ascension qui date de 1532 ne peut être visitée car elle est en rénovation. Nous entrons officiellement sur le site par la porte du Saint-Sauveur après avoir réussi à utiliser les toilettes sèches grâce au prêt de 7 roubles consenti à certains d'entre nous par notre cher Vitali. Plusieurs d'entre nous, dont Denis particulièrement, sommes exaspérés de ne pouvoir être amené plus rapidement vers un guichet bancaire pour retirer des roubles. Indépendance oblige! En attendant, on ne peut même pas s'acheter soi-même un cornet de crème glacée!
Sur le site, nous visitons le musée « Des portes de Devant » dans lequel nous découvrons ce qui fut qualifié de huitième merveille du monde, le palais en bois construit au milieu de Kolomenskoïe, en 1667, par le tsar Alexis, mais sous forme de maquette reconstituée à partir des mesures exactes du palais original. En effet, il a été malheureusement détruit, en 1768, sur ordre de Catherine la Grande. Ce musée regorge de biens d'autres trésors tous aussi fascinants les uns que les autres. Nous passons ensuite dans la partie centrale de l'édifice qui constituait jadis le palais du tsar, pour monter dans son clocher et en admirer les carillons. Nous visitons ensuite l'isba en bois rond de Pierre le Grand qui n'a certes pas volé son nom car, nous dit-on, il mesurait 2 mètres, 4 cm. Fait à remarquer cependant, la hauteur des portes menant d'une pièce à l'autre, pour éviter paraît-il que la chaleur des pièces ne se perde, est nettement inférieure à sa taille puisque mesurant moi-même 1 mètre 70 cm je m'y suis cogné la tête. En tout cas, il est permis de penser qu'à sa taille remarquable s'ajoutait sûrement un dos bien musclé ou une tête résistante aux coups. Sacré Pierre le Grand! Nous avons aussi appris qu'il était en plus doté de nombreuses habiletés tant techniques, artistiques qu'intellectuelles en plus de sa grande force physique.
Nous quittons le site tout en profitant d'une glace offerte gracieusement par Irina, l'hôtesse de Janine et Denis pour nous diriger vers un restaurant tout en prenant bien soin d'aller retirer des roubles dans un guichet en cours de route. Au restaurant, c'est un peu la zizanie. Pauline et moi pensons casser la croûte et offrir quelques gâteries à nos jeunes alors que Denis et Janine sont en train de souper. Les jeunes qui disaient ne rien vouloir manger, nous avouent en fin de compte qu'ils n'ont pas mangé depuis le matin, qu'ils ont mal à la tête et que la jeune soeur de Vitali se meurt d'aller chez McDonald's. Nous les accompagnons chez McDo et espérons pouvoir les revoir au cours de la semaine. Enfin, nous terminons la journée en allant prendre le thé dans le jardin de la datcha d'Irina et de Vladimir.
Belle découverte que cette datcha tant chérie par les russes. C'est une construction rudimentaire mais sympathique où il n'y a ni électricité ni eau courante mais qui respire le bien-être. D'ailleurs, la toilette située dans le jardin exhale, selon Denis, des odeurs de roses! Les russes s'évadent à leur datcha tous les week-ends, semble-t-il, pour se ressourcer et entretenir leur jardin et potager dont ils rapportent pour la semaine, cornichons, pommes de terre, choux, laitues, etc.
Nous revenons vers 10h00 chez nos hôtes qui nous attendent pour le souper!
Odette Beaudoin
Le jeudi, 18 août, 2005 : Korolev, Russie
Une autre belle journée. Nous avons fait deux visites dans des fabriques d'artisans. La première était la fabrique de foulards faits à la main. Le guide nous a expliqué la technologie qui est utilisée et nous avons pu voir comment c'était fait. Après, nous avons acheté de beaux foulards pour un bon prix. La deuxième visite, c'était la fabrique de plateaux. On a visité le musée magnifique où il y avait des plateaux anciens avec de beaux paysages et représentations de belles églises. Il y avait aussi la boutique où nous avons pu acheter de très jolis plateaux.
Après le dîner nous sommes allés dans la ville qui s'appelle Sergiev Passad. Un ensemble impressionnant d'églises orthodoxes est situé ici. Voici la petite histoire historique de ce beau quartier.
Sergiev PosadLa Laure de la Sainte Trinité et de Saint Serge fut fondée par by Saint Sergiys de Radonezh en 1337. À cette date, le monastère était déjà considéré comme le centre spirituel de la Russie. Du XVème au XIXème siècles, les églises en pierre et d'autres bâtiments de styles architecturaux variés érigés à l'intérieur des murs du grand monastère furent décorés de magnifiques iconostases, fresques et multiples objets d'art religieux.
De nos jours, comme par le passé, les novices aussi bien que les paroissiens prient pour leur salut, pour la prospérité de leur terre natale et pour une vie pacifique pour le monde entier. Le Supérieur du monastère est Sa Sainteté Alexiy II, Patriarche de Moscou et de toute la Russie. Depuis1738, l'École et Séminaire Théologiques de Moscou occupent une partie du territoire de la Laure, et l'Académie y loge depuis 1814.
Galina Korobova
Le vendredi, 19 août 2005 : Korolev, Russie
Visite au centre de formation d'astronaute « Zvezdni gorodok ».
Nous avons commencé notre visite à l'extérieur avec une température assez froide. Nous sommes arrêtés pour entendre parler de Yuri Gagarin, premier astronaute qui a monté dans l'espace et qui avait devancé les Etats-Unis. Un monument est érigé à sa mémoire.
MIRNous avons poursuivi notre visite à l'intérieur et avons été informés de la composition de ce gros appareil, la station spatiale MIR, qui était exposé devant nous. Pour une profane comme moi, c'était facile à écouter et à regarder mais plus difficile à comprendre. J'ai beaucoup apprécié qu'André accepte de traduire en français, un gros merci.
J'ai aimé voir et être informée sur la façon de se nourrir: 4 repas par jour, et l'eau: 7 à 8 gouttes, pas plus, pour l'estomac. Pour leur santé, nous avons vu le petit espace où les astronautes s'exposent 5 secondes pour recevoir le soleil nécessaire.
C'était intéressant de regarder sur écran l'entraînement dans l'eau, leur équipement et la combinaison pour arriver dans l'eau, tourner sur eux-mêmes avec un poids de 100 kilos pour apprendre à contrôler le déplacement de leur corps dans l'espace, sans mouvement de natation. C'est exigeant; ils perdent environ 5 kilos lors de chaque séance d'entraînement.
Le centrifuge exposé existe depuis 25 ans, et les astronautes s'y entraînent pendant 2 ans; il y a 60 critères d'évaluation et des spécialistes en grand nombre pour aider les astronautes.
C'est très impressionnant pour nous et exige pour les cosmonautes beaucoup de concentration, persévérance, habileté, vaillance, intelligence, science, charisme, etc., etc.. Ne devient pas astronaute qui veut, mais bien qui peut, et je comprends qu'ils n'acceptent que 40 candidats sur 400 demandes.
Je me considère chanceuse d'avoir vu cet endroit.
DegustationNotre autre visite de la journée était plus légère : une dégustation de différents breuvages doux. Nous avons ensuite continué pour voir une exposition de différentes bouteilles de vodka, comme la bouteille musicale de 150 ans qui fonctionne encore, une qui datait de 1760, un cadeau de la grande Catherine etc., etc.. Nous avons poursuivi par une dégustation de vodka. Mon choix s'est arrêté sur la vodka à la canneberge: très bon goût. Ce fut un bon moment joyeux à vivre. Nous avons pu faire des achats par la suite.
Encore une belle journée passée ensemble.
Pierrette Dumas
Le samedi, 20 août 2005 : Moscou, Russie
Nous commençons notre route vers Moscou par ce beau matin en soulignant l'anniversaire de Pauline en chantant et en l'embrassant.
Quel beau spectacle que de découvrir la ville de Moscou dans toute sa beauté et sa grandeur. Notre guide parle un très bon français et est remplie de savoir sur la Russie. Elle nous fait voir le centre historique qui a 16 kilomètres de long ; magnifique. Elle nous parle aussi du festival de la jeunesse qui a eu lieu en 1956 sous le règne de Staline qui a attiré une foule de tous les pays et qui fut un succès sur toute la ligne.
La rue des bouchers avec de belles maisons blanches et bleues. Nous apprenons que la ville de Moscou est maintenant très belle et propre avec de la verdure et des fleurs ; c'est grâce au maire qui est en place depuis 3 ans. Il s'est fait un devoir que sa ville soit fleurie et que les rues et trottoirs soient nettoyés régulièrement. L'édifice dont on avait entendu parler et vu dans plusieurs reportages, le KGB, est quand même impressionnant.
Nous voyons plusieurs beaux hôtels et beaux théâtres, entre autres, le Bolchoï et le Mali. La galerie marchande est le lieu le plus huppé de Moscou avec ses magasins luxueux pour clients spéciaux de haute gamme.
La Place Rouge, du 17ème siècle, et la forteresse du Kremlin, qui date du 15ème siècle, nous nous contentons de les voir de l'extérieur pour aujourd'hui, car la visite à l'intérieur est pour demain seulement. Mais on nous dit que c'était la place du marché auparavant et que tout le troc se faisait là, dans le temps.
On ne peut passer sous silence toutes les cathédrales orthodoxes d'une beauté et d'une richesse rares. De toutes les statues, celle qui m'a marqué le plus a été celle du maréchal Joukov qui, en passant, était très aimé par le peuple.
Après avoir pris le lunch chez McDonald avec le groupe, nous sommes partis vers un autre coin, soit près de l'université, d'où nous avions une belle vue sur le palais des sports, endroit des jeux olympiques de 1980 et où le Canada a battu la Russie au championnat de hockey.
Pour la première fois, nous avons pu voir des mariées se promener avec leur grande robe blanche sur la place publique ; c'est très curieux à voir.
Une autre belle journée mémorable.
Raymond Vaillant
Le dimanche, 21 août, 2005 : Moscou, Russie
Nous partons de Korolev vers 9h30 pour notre deuxième journée à Moscou. Visite: Le Kremlin, siège du Président.
L'enceinte, entourée d'une forteresse de style baroque, est composée de 19 tours auxquelles il faut ajouter la tour Koutafia reliée par un pont à la Tour de la Trinité. C'est sous le porche de cette tour que nous sommes entrés, comme l'a fait Napoléon et son armée en 1812. Arrêt au Clocher d'Ivan III. Il est le plus haut édifice ancien de Moscou (81m). Au pied, trône la plus grande cloche du monde (210 tonnes). On l'appelle: La Cloche Reine. Nous poursuivons la visite à la Cathédrale de l'Assomption où l'on retrouve de magnifiques fresques et iconostases. Le Palais des Armures rassemble une partie du trésor amassé par la noblesse. Ce musée renferme les collections impériales d'art décoratif et Fonds diamantaire. On peut y voir le célèbre diamant Orlov offert à Catherine II (la Grande), ainsi que sa robe brodée de fils d'or créée pour son couronnement; la couronne en or, appelée Monomaque; les oeufs Fabergé.
En bus, nous nous dirigeons vers le vieux Arbat. La rue piétonne est bordée de boutiques mode, de souvenirs, de cafés, de bistrots, ce qui rend cette rue très fréquentée par les russes et les touristes. Retour dans le bus pour se rendre au Mont des Moineaux (Vorobyvy gory). C'est l'endroit par excellence pour voir la ville dans son ensemble. Au loin, l'Université d'État de Moscou domine la colline. L'aire de point de vue (le belvédère) est le lieu de rendez-vous des marchands de souvenirs et l'endroit où les jeunes mariés viennent se faire photographier. En cours de route, court arrêt au très moderne "Train centre: Ohotniti Ruad"; rien de spécial à dire.
Enfin, le Métro de Moscou, considéré le plus beau au monde. J'en conviens. Il est composé de 160 stations sur un réseau de 270 km. Le premier tronçon fut achevé en 1935. Nous nous engouffrons donc très profondément dans le souterrain. Voici les stations visitées: Smolenskaya; Place de la Révolution (1938), qui est ornée de magnifiques statues en bronze grandeur nature, représentant les gens du peuple qui ont aidé et participé à la révolution; Kievskaïa (1953, très belle avec ses lustres et fresques montrant des paysans serins et heureux malgré la famine à cette époque. Nous sortons à Park Podedy. Cette station a été construite en 2003 pour commémorer le 60e anniversaire de la fin de guerre, en 1945, tandis que le Parc de la Victoire, où nous aboutissons à la sortie du métro, fut achevé en 1995 pour le 50e anniversaire. L'allée principale de ce parc, bordée de fontaines, débute par l'Arc de Triomphe, célébrant la défaite de Napoléon en 1812, et conduit jusqu'à l'obélisque conçu en l'honneur de Niké, déesse grecque de la Victoire. Le long du parcours, on peut y voir l'église St-Georges-le-Victorieux bâtie en 1995; le Musée Borodino, et au loin le Mont du Salut.
Notre visite se termine ici. Moscou est une ville magnifique et fastueuse. C'est compréhensible puisqu'on dit que 70% de la richesse du pays y est concentrée.
Pauline Haché
Le lundi, 22 août 2005 : Tishkova, Russie
C'est le dernier jour d'activités de groupe avant notre départ de Korolev. Ce jour-là, notre hôtesse qui ne conduit pas en dehors du périmètre de sa maison, est arrivée à recruter une enseignante, Tatiana, et sa fille Dacha pour nous conduire à Tishkova, où devait avoir lieu le pique-nique et dîner d'adieu.
TishkovoEn route, nous avons visité un sanatorium situé dans une vallée au bord de la rivière Vez, et réputé pour la qualité de son air, de son eau minérale, qui est vendue à Moscou, et de ses bains thérapeutiques. Cet endroit a été découvert en 1935, et maintenant il peut accueillir 600 personnes, 300 adultes et 300 enfants. Après la guerre, il avait ouvert ses portes même aux enfants espagnols, et dernièrement, aux rescapés de Chernobyl. Nina Nikolaievna, qui y travaille depuis 25 ans, avec beaucoup de dévouement, nous en a fait faire la visite des grandes salles à manger, les salles de jeu, les cuisines qui reluisent de propreté. Un centre médical attenant offre tous les services et les soins par des médecins spécialistes qui y conduisent des recherches et y implantent les nouvelles technologies et découvertes. Nous avons successivement visité les salles d'inhalothérapie, de massage, de physiothérapie. Les patients y vont pour des séjours de 3 semaines à la fois. Des élèves y vont avec leur professeur pour jouir de cette atmosphère saine et bénéficier des activités physiques et culturelles, des courts de tennis et d'équitation. Le coût est de 25 $ U.S. par jour. Ces coûts sont quelquefois assumés par les entreprises, les unions. Cet endroit n'est nullement subventionné par le gouvernement ni par des investisseurs privés. Afin de maintenir la qualité des soins et assurer l'entretien des édifices, ils cherchent à couper sur les dépenses et les salaires, si bien que les gens qui y travaillent sont pour ainsi dire des bénévoles. Notre tour s'est terminé dans la salle de théâtre, où nous avons pu apprécier le jeu et le chant d'un jeune pianiste virtuose.
Nous nous sommes dirigés ensuite vers le lieu du pique-nique. Malheureusement, ce jour-là il pleuvait averse. Heureusement que la table était recouverte d'un toit qui nous protégeait. Mme Tania Bagdarova, maire du village de Tishkova, était présente. Ce jour-là les russes fêtaient le jour du drapeau. Le pique-nique avait lieu près d'un lac, au confluent de la Moskova et de la Volga, lac qui alimente en eau potable la ville de Moscou.
Le repas était gargantuesque: salades, hors-d'oeuvre, caviar, saumon fumé, viande grillée, fruits, - desserts. Nous avons très bien mangé. Après le repas, il y a eu échange de cadeaux entre les directeurs d'échange des deux clubs, et la mairesse a remis à son tour un drapeau à notre club, vu que c'était le jour du drapeau. Il y a eu danses russes accompagnées de l'accordéon. Tout le monde a décliné le tour de bateau sous la pluie battante et sans ceintures de sauvetage.
Nous avons appris ce jour-là que les familles d'accueil nous accompagneraient à la gare de Moscou pour prendre le train de St-Pétersbourg.
Thérèse Girard
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Le mardi, 23 août 2005 : Korolev, Russie
Décrétée journée en famille, nous nous affairons en matinée Pauline et moi à préparer nos valises pour notre départ en train pour St-Pétersbourg en fin de soirée. Vers 10h30 un appel de Galina m'apprend que Janine et Denis retournent à Moscou avec Irina : les chanceux! Galina, quant à elle, retourne au Canada avec son fils, le charmant Boris. Nous apprenons également que vers 12h00, on viendra nous chercher pour nous amener visiter un cloître où on produit des icônes et divers objets liturgiques. Je suis enchantée d'avoir au moins une activité au cours de cette dernière journée dans la région de Moscou. Tatiana et Aleksey nous amènent donc sur une route familière, reconnaissant des endroits que nous avons vus la veille en allant au pique nique. Nous nous arrêtons finalement devant l'épicerie située à l'entrée du sanatorium Tichkovo. L'équipe du sanatorium nous fait donc une faveur en nous intégrant à leur groupe véhiculé en autobus pour la visite. Nous les suivons donc pour entrer en même temps sur le site de Sofrino. Je reconnais d'ailleurs la personne qui nous avait fait visiter le sanatorium.
Sofrino est d'abord un cloître mais aussi aujourd'hui une importante industrie d'objets religieux. La chapelle de Pravoslav aurait été construite sur un terrain sur lequel existait auparavant une entreprise produisant des briques. Nous pénétrons d'abord dans une magnifique salle ornée d'une icône représentant St-Serge de Radonège, fondateur, en 1345, du monastère de la Trinité-Saint-Serge, qui aurait été un modèle pour St-Séraphin. Toutes les toiles et accessoires luxueux de cette salle ont été produits par Sofrino. De cette salle, nous sommes dirigés vers un escalier dont les murs et les plafonds sont magnifiquement peints à la main, illustrant les faits marquants de la vie de St-Séraphin de Sarov (1759-1833). On découvre, entre autres, une grande fresque qui représente la cérémonie de la canonisation du saint, tenue en 1903. Le tsar Nicolas II, transportant les restes du saint, y apparaît en avant-plan. Cette peinture a été exécutée en 2003 par le même peintre à qui fut confiée la décoration de la cathédrale du Christ Sauveur à Moscou. On relate qu'une vieille femme aurait dit à Nicolas II alors qu'il avait quatre filles que s'il n'avait pas d'héritier, il y aurait des rivières de sang. « Saint-Séraphim », moine du monastère de Sarov, à 500 kilomètres à l'est de Moscou, est un des saints russes les plus connus et les plus populaires, non seulement auprès des orthodoxes, mais aussi auprès des chrétiens d'autres confessions. Le centenaire de cette canonisation a été célébré avec faste en 2003 et le président russe Poutine y participa.
Nous passons ensuite à la chapelle qui contrairement aux églises orthodoxes déjà visitées, est inondée de lumière mettant ainsi toutes les dorures et les peintures de l'iconostase en valeur : tout simplement magnifique!
Nous avons ensuite le privilège, comme étrangers, de pouvoir visiter l'atelier de restauration et de reproduction d'icônes. Les artistes travaillent toujours dans un silence complet - bien des dirigeants apprécieraient sûrement d'en obtenir autant de leurs employés. Les artisans se concentrent sur leur travail qui demande extrêmement d'adresse et de minutie. Les dessins et les couleurs doivent être des copies exactes et rigoureuses des originaux. Les couleurs sont obtenues à partir de minéraux broyés. Nous avons pu observer comment une artiste appliquait l'or à l'aide d'une petite boulette qu'elle appuyait au préalable sur une mince couche d'or appliquée sur du papier ciré. J'aurais personnellement observé ces artistes pendant des heures tellement leur travail est fascinant. Nous nous promenons ensuite à l'extérieur au travers des différents bâtiments de production. L'entreprise compte aujourd'hui 3,000 employés. La beauté, la propreté, l'ordre et le silence des lieux respirent la dévotion et le respect. Suzanne est particulièrement impressionnée par les arrangements floraux. Tous, nous admirons également le plan d'eau doté d'un joli ponceau. C'est véritablement un havre de paix. Malheureusement nous ne pouvons contempler le paon qui déambule normalement sur les lieux car ayant mué, il a perdu sa queue et, honteux, il se cache. Près de la sortie, nous observons une grosse pierre sur laquelle, nous dit-on, debout dans la forêt, élevant les mains au ciel, St-Séraphin aurait prié pendant mille nuits, répétant sans cesse : « Seigneur, aie pitié de moi, pécheur ».
Nous visitons les diverses boutiques offrant icônes, objets liturgiques et vêtements sacerdotaux de toutes sortes. Il y a affluence, car c'est le seul magasin où viennent s'approvisionner tous les membres du clergé de la région. D'ailleurs, nous avons pu y observer de beaux, grands, minces et jeunes prêtres faisant leurs emplettes. Je tiens à rapporter une icône comme souvenir de cet endroit mémorable et je dois faire la file un bon moment avant d'être servie. Je m'excuse donc auprès de mes camarades de voyage de les avoir fait attendre bien malgré moi.
Après un retour de quelques heures à l'appartement de nos hôtes, Marina et Tatiana viennent nous chercher, chargeant les valises dans une voiture et les voyageurs dans l'autre (Pierrette, Raymond, Pauline et moi). Nous sommes vraiment soulagés que Marina ait décidé de nous conduire directement à la gare Leningradski pour St-Pétersbourg surtout après avoir constaté toute l'affluence qui y sévit. Nos hôtes se chargent même de nous aider à transporter nos valises dans nos cabines ce qui occasionne tout un « bouchon » dans le train. Enfin, Marina donne le signal du départ de nos hôtes et nous nous installons à 4 dans les cabines à l'exception de Thérèse et Pierre qui partageront leur cabine avec nos grosses valises. Nous sommes soulagés de voir le confort de ce train moderne comparativement à celui de Kiev.
Odette Beaudoin
Le mercredi, 24 août, 2005 : Saint Pétersbourg, Russie
Ma journée commence à minuit 23, heure du départ de Moscou en train pour Saint-Pétersbourg. Après quelques vodkas offertes par André, tous s'installent dans leur petit lit, espérant trouver le sommeil malgré le bruit, la chaleur et le mouvement des wagons. Pour ma part, à un certain moment au cours de la nuit, à cause de la chaleur suffocante dans notre cabine, je rêve que la maison brûle et je demande à tous de sortir, pas le temps de s'habiller.
Au matin, belle surprise, notre jeune guide, Svetlana, est là sur le quai, beau sourire dans le soleil du matin. Le premier contact est facile, et à sa demande si on veut d'abord déjeuner, la réponse est claire: Non, pas une minute à perdre et on part immédiatement avec elle à la découverte de cette ville dont on dit tant de belles choses.
On fait d'abord un tour de ville en autocar: l'Arc de Triomphe, le petit frère de l'Arc de Triomphe parisien, pour marquer la victoire des Russes contre les Français au temps de Napoléon. Ça sent plutôt la copie, mais c'est probablement une douce vengeance au coeur des Russes. On croise la Neva, fleuve qui traverse la ville et se jette dans la mer Baltique, des canaux, avec tous leurs beaux édifices de chaque côté. Tous écoutent attentivement les commentaires de notre guide, qui nous permet maintenant de l'appeler Claire, puisqu'elle comprend que les petits québécois peuvent avoir une certaine difficulté à se mémoriser son nom en Russe. Elle me fait penser à la belle chanson de Bécaud à propos de son guide russe: "Il s'appelait Nathalie, mon guide." Je crois que son guide devait ressembler à Claire...
On découvre au passage le monument à Pierre Le Grand, un cavalier en bronze gigantesque au milieu d'un parc qui borde la Neva, et nous traversons le Pont du Palais, un pont levant qui nous mène face au Palais d'Hiver, d'une magnificence... Nous passons aussi, bien sûr, devant la cathédrale, un vrai monument bleu et blanc, couleurs de l'orthodoxie russe. Vous voulez son nom complet? Nom, prénom et tout: Cathédrale de la Résurrection du Couvent de Smolny. Smolny veut dire goudron en Russe. Oubliez ça. Nous nous dirigeons vers l'île de Vasilyevski pour y admirer toute l'étendue de la baie. C'est là que je découvre, enfin!, des toilettes, ça presse, puisqu'à la gare je n'avais pas trouvé de toilettes pour hommes. La préposée pioche dans la porte et gueule quelque chose en russe. Je suppose que ça veut dire: trop longtemps pour seulement 10 roubles. Pour une fois que j'en ai eu pour mon argent, si on peut dire...
On casse la croûte sur une place où il y a plusieurs petites terrasses au choix, chacun y allant à sa façon, certains avec des lunchs apportés de Moscou, nous dans un resto chinois au troisième étage d'un immeuble commercial. Délicieux, après plusieurs jours de sandwichs dans les familles à Moscou... Et surtout n'oubliez jamais ça: il fait beau à faire rêver. C'est un de ces jours parmi 30 dans l'année Saint-Pétersbourgeoise. (Dixit notre guide.)
Enfin on va visiter l'un des parcs les plus magnifiques jamais vus: le parc Peterhof. Quelle surprise! Des fontaines, des sculptures voluptueuses, des plantes. Tout est immense. Je laisse le groupe pour mieux m'adonner à une de mes passions: pratiquer le clic de la caméra, surtout que j'ai acheté spécialement pour ce voyage une belle caméra numérique. Enfin je peux faire clic, clic, et encore un autre, sans me poser la question: Est-ce qu'il me reste un autre film?
Sur la fin de l'après-midi, notre autocar nous amène à notre hôtel, Les Frères Karamazov, celui qu'on a eu en échange du Dostoïevski qui était complet. Ça reste quand même dans la famille! Bel hôtel, neuf, propre. Odette apprécie peut-être plus que les autres, après sa semaine assez misérabiliste chez son hôte à Korolev. Un petit repos, et nous voilà repartis, cette fois à pied à la recherche d'un resto pour notre souper. Sur l'avenue Vladimirskiy, une enseigne aussi haute que la Cathédrale de l'Icône de Vladimir de la Sainte Mère, juste en face, annonce de la... PIZZA. Plusieurs petits québécois américanisés s'y laissent prendre, et nous voilà tous alléchés par l'idée que ce soir on mangera une pizza comme chez nous avec bière en fût.
Bonsoir les amis. À demain!
Denis Bélair
Le jeudi, 25 août, 2005 : Saint Pétersbourg, Russie
Superbe journée en perspective : sous un soleil radieux, on se dirige vers le musée de l'Ermitage que les muséologues considèrent comme le second en importance au monde, après le Louvre. Mais notre guide, Svetlana, offre un autre point de vue : selon elle, ce n'est pas une bonne journée pour visiter l'Ermitage. Devant notre « Ahhh??? » collectif, elle nous rappelle qu'à Saint Pétersbourg il n'y a qu'une trentaine de journées ensoleillées par année. Il vaudrait donc mieux passer la journée dehors! On n'est jamais tout à fait satisfait...
Néanmoins, personne ne doute que nous y passerons des moments merveilleux. Pour saisir l'ampleur de ce fabuleux musée, Svetlana signale qu'il contient plusieurs millions d'articles - parlons plutôt de trésors! Ceux-ci sont présentés dans environ 1 000 salles réparties dans 5 édifices principaux : le palais d'hiver conçu comme résidence par l'impératrice Élisabeth II; vint ensuite l'ajout du Petit Ermitage et du Grand Ermitage pour loger les collections de la Grande Catherine; et plus tard, le Théâtre et le Nouvel Ermitage. On dit qu'à raison d'une minute par article, il faudrait environ 8 ans pour jeter un coup d'œil rapide sur toute la collection! Même sans se donner la peine de vérifier les calculs, une telle affirmation ne peut manquer de créer un sentiment mixte : excitation et anticipation, mais aussi une certaine frustration, le temps prévu pour notre visite étant limité à trois heures! Et, comble de malheur, on constate à la descente du minibus qu'il y a déjà une longue file d'attente, même si nous devançons l'heure d'ouverture d'une dizaine de minutes. Mais dès l'ouverture des portes, tout débloque de façon ordonnée et assez rapidement; il est clair qu'il s'agit ici d'une situation tout à fait courante.
La visite débute alors par le Palais d'hiver, construction originale en bois, détruite par le feu, puis reconstruite, en pierre, en 18 mois! Situé sur la rive du grand fleuve Néva, ce magnifique édifice est considéré comme pièce centrale de l'ensemble architectural. Nous traversons d'abord la salle des felds maréchaux où se trouve, entre autres, le magnifique carrosse de Pierre 1er ; puis c'est la salle de l'armoirie avec son lustre splendide qui comprend les armoiries de chaque gouverne (et quelques autres objets!); la salle de Saint Georges (et le dragon) où la marqueterie du plancher correspond au plafond (et quelques autres objets!); la salle commémorative Pierre 1er , qui n'a jamais vécu dans ce palais (et il y a quelques autres objets ici également!); puis les ‘chefs d'œuvre retrouvés' après la seconde guerre mondiale, certains ayant été nouvellement découverts (et quelques autres objets!). Et la visite se poursuit dans le Petit Ermitage avec ...
J'en viens rapidement à la conclusion qu'il me sera absolument impossible de rendre justice à un musée aussi grandiose, ni même à la minime portion qu'il nous est donné de visiter. Qu'il suffise de penser à la collection de 2,7 millions de peintures achetées par l'impératrice Catherine II, dite la « Grande Catherine ». Nous avons tout de même eu la joie de voir des œuvres de plusieurs peintres et sculpteurs italiens, hollandais, français, impressionnistes et post-impressionnistes, et la meilleure collection Rembrandt au monde qui comprend 25 toiles (Flora, Danæ, vieil homme en rouge, retour de l'enfant prodigue, sacrifice d'Abraham, descente de la croix, adieux de David à Jonathan...). Nous avons également pu admirer, toujours trop rapidement, la salle de Raphaël, une galerie qui est une copie de la Logia du Vatican, la salle malachite, la salle de concert avec le tombeau d'Alexandre Nevsky (en argent massif). Et j'en passe et j'en oublie...
Si on ne peut manquer d'être fortement impressionné par les trésors qu'il recèle, l'Ermitage est aussi mémorable en raison du détail architectural et de sa riche décoration intérieure. On trouve de l'or partout et sur tout! Pour vraiment l'apprécier, même partiellement, en minimisant le risque de saturation, il faudrait pouvoir faire plusieurs visites de durée limitée plutôt qu'une visite éclair, ou marathonienne, selon le cas. Et il est évidemment essentiel d'avoir recours aux services d'un ou d'une guide possédant les qualifications professionnelles nécessaires ou, si on préfère, un ‘guidebook'.
Et voilà pour l'avant-midi. Mais il nous reste encore tout l'après-midi! Alors, prenons un déjeuner rapide et allons vite visiter le palais de Pavlovsk, situé à moins de 30 kilomètres du musée de l'Ermitage.
La naissance de son premier petit-fils fut l'occasion pour la Grande Catherine d'ordonner la construction de ce qui devait être une résidence d'été pour son fils, Paul. S'étalant sur quelque 600 hectares, la construction de ce palais se poursuivra pendant une cinquantaine d'années. On y entre par une grille en métal qui laisse l'impression qu'on se trouve en milieu plus militaire que dans les palais de la Grande Catherine où l'accent semble être mis davantage sur la culture et l'intellect.
Pièce centrale de cet impressionnant ensemble, le Grand Palais (Bolshoi Dvorets) affiche des lignes austères et un dôme plutôt sobre. Parmi les salles qui m'ont particulièrement impressionné, il y a la salle italienne circulaire située au centre du palais, les planchers en marqueterie et les salles de la guerre et de la paix. Évidemment, il s'y trouve aussi plusieurs salles richement décorées, comme la grande salle du trône, la salle de bal rose et bleue, la salle grecque ainsi que la galerie des peintures.
Quelques informations fournies par notre guide ont piqué aussi mon imagination, soit parce qu'elles concernent les premières années de l'histoire de ce grand palais ou la période tout aussi mouvementée de la seconde guerre mondiale. En tout premier lieu, ce palais fut imposé par l'impératrice à son fils, allant jusqu'à humilier celui-ci en ordonnant de jeter les objets décoratifs qu'il avait ramenés de Paris pour le décorer. Ayant succédé à sa mère, l'empereur y fut plus tard assassiné, la rumeur voulant que son épouse ait été au courant du complot et que son fils y ait joué un rôle actif! Sur une note plus positive, on relate que la plupart des objets précieux purent être évacués vers la Sibérie lors de la seconde guerre mondiale. Il y aurait peut-être d'autres faits intéressants à signaler si on avait eu le temps...
En s'inspirant de Einstein, on dit parfois que 'tout est relatif'. En effet, malgré tout l'intérêt visuel et historique du palais de Pavlovsk, j'ai eu la nette impression de ne pouvoir lui accorder tout le crédit qu'il mérite, sans aucun doute. Après le musée de l'Ermitage... Néanmoins, on peut affirmer sans réserve que ce fut une journée merveilleuse!
André Théoret
Le vendredi, 26 août, 2005 : Saint Pétersbourg, Russie
Notre tournée chez la noblesse d'autrefois à Saint Pétersbourg débute devant l'imposante façade du Palais Yusupov situé à Moïka Embankment, 94. Austère mais très élégante, cette bâtisse jaune d'une longueur remarquable représente le style classique russe à la mode au début du 18ème siècle. Les trois colonnes blanches de chaque côté de la porte d'entrée ainsi que la frise sculptée et peinturée blanche sur toute sa longueur nous indiquent que ce n'est pas une simple résidence!
Cette demeure appartenait au prince Shuvala dès le début des années 1700 et c'est lui qu'en 1760 l'a reconstruite et l'a même élargie, le tout dirigé par l'architecte J. B. Vallin de Mothe. Quand même, quand le prince Yusupov l'a achetée en 1830, une autre reconstruction a introduit les styles baroque, empire, oriental et néoclassique, côte à côte avec le pur classicisme russe des premières années. Et voilà, la famille Yusupov possédait enfin un immense palais de quelques 300 pièces représentatives de plusieurs styles où héberger les meubles, les peintures et les autres objets d'art qu'ils s'amusaient à collectionner lors de leurs voyages à l'extérieur du pays.
Svetlana, notre guide, nous avait prévenus que les peintures et les autres objets d'art jugés les meilleurs de cette époque ont été choisis parmi ces richesses comme choses de valeur pour faire partie du trésor d'État à l'Ermitage mais j'avoue qu'il y reste assez pour nous faire tourner les yeux et la tête même s'il y existe des trompe-l'œil parmi les 'vrais'. C'est facile d'accepter que les empereurs ont choisi de se faire couronner ici.
Moi-même, j'ai fort apprécié les meubles originaux de la famille, exécutés en bois de rose, les foyers d'onyx qui, on dit, ont l'apparence transparente à la chaleur, et les planchers du parquet, style classique russe. J'ai apprécié la salle à dîner du style italien où tout, même les lustres sont en chêne. En fermant les yeux, j'ai pu imaginer l'escalier de cristal qui reliait la chambre du prince à celle de la princesse; après une chute de celle-ci, l'original a été remplacé par un escalier de bois sculpté d'une délicatesse incroyable. Dans la salle à billard, les bâtons utilisés par la famille Yusupov sont toujours à leur place. La garde-robe du prince nous révèle une énorme baignoire. Enfin, j'ai admiré, tout en disputant leur décision, de poser des lustres en papier mâché dotés de chandelles!
Le petit théâtre privé me semblait être un vrai bijou et je reste aussi soulagée que les russes que la bombe tombée d'un avion allemand pendant la 2è Guerre Mondiale, au plein milieu des sièges n'a pas explosé.
Parmi cette richesse, c'était facile de comprendre la haine des autres nobles des années 1800, et le fait que même le tsar avait peur de cet homme. Surtout qu'il acceptait de recevoir chez lui régulièrement et alimenter les foules de pauvres, car lui et la princesse voulaient vivre leur religion.
À cette époque, le tsar Nicolas II avait comme confident un certain Raspoutine, un pauvre qui se proclamait prophète. Donc, les gens de pouvoir craignaient l'influence de ce dernier sur le tsar. Raspoutine a été tué dans la cave du Palais Yusupov le 16 décembre 1916. C'était Félix Yusupov, grand ami d'Angleterre et admirateur des choses anglaises, qui menait l'attaque. Peu après s'est passée la Révolution d'Octobre, et le Palais fut exproprié. Le prince et la princesse se sont fait emprisonner. Est-ce qu'il s'agissait de se faire punir pour avoir trop bien réussi dans la vie?
En sortant du Palais, il nous semblait bon d'écouter la suggestion de notre guide, de poursuivre un tour des canaux de Saint Pétersbourg, la ‘Venise du Nord'. Comme ça, on pourrait voir de près ce qui se trouvait devant les yeux des nobles du quartier.
Ces canaux contiennent 10% de l'eau naturelle qui veut envahir la ville, soit de la mer Baltique ou de la Néva, la rivière qui embouche à cet endroit, pour y créer plusieurs presqu'îles sur lesquelles s'est fait construire Saint Pétersbourg. Quand même, il y a des inondations importantes à tous les cent ans, paraît-il, d'après le poteau indicateur qui nous fait rappeler ces malheurs.
Svetlana nous explique qu'autrefois les ponts furent l'endroit où les gens de divers métiers se rencontraient le matin avant d'entreprendre leur journée de travail. Pont Rouge - balayeurs, le Pont bleu - blanchisseurs, vert - police... Mais, Svetlana, il y a 300 ponts! Nous arrivons sur la Néva ... la couleur d'eau change; ici, elle est d'une profondeur de 24 mètres, voilà pourquoi. Et là, et je ne sais pas si je la crois ou non, notre guide nous raconte que les fabricants de produits de beauté de Paris, à l'époque, insistaient procurer de cette eau pour leur fabrication!
Aujourd'hui, c'est la vie russe qui déroule devant notre passage: une fabrique prêt-à-porter; l'université de pédagogie - autrefois l'orphelinat - dont le symbole d'un pélican à l'entrée. Les Archives. Une tour bleue d'une mosquée. Les casernes. Le Cirque dont les premiers éléphants y sont arrivés, ayant traversé la Russie de l'Est [Un éléphant, ça trompe, ça trompe...]. La rue des millionnaires. Le théâtre de la jeunesse. La fabrique du papier pour en faire des roubles. L Place du Théâtre. L'Opéra. La Bibliothèque nationale. Tout se voit des canaux!
Nous débarquons à l'hôtel Astoria, en face Place du Fouet où les punitions se faisaient donner autrefois. André et moi, nous marchons jusqu'au parc de voisinage que nous avions remarqué du bateau, pour y consommer les restes du lunch fourni par nos hôtes russes de Korolev. Nous n'étions pas seuls à penser ‘pique-nique' ce jour-là - quel beau soleil!
Nous rencontrons le reste du groupe devant les ‘cabines bleues', pièces de monnaie en main, et peu après nous sommes encore montés dans notre minibus, sur le Chemin du Roi, en route pour Tsarkoïe Selo, renommée Pushkin depuis 1939. Nous voulons rendre visite au Palais d'été créé pour les impératrices Élizabeth et Catherine la Grande.
Lors de notre arrivée, je remarque les jardins ordonnés, symétriques, une touche française, j'imagine. Nous avançons à pied, entre les rangées d'orangers qui nous mènent à l'entrée de ce palais peinturé bleu ciel, imposant à cause de sa longueur et les ailes opposées pour renfermer cet immense jardin devant cette portée. Du style baroque dont la façade nous émerveille de ses frises de plâtre blanc et le toit avec dômes dorés.
À l'intérieur, notre guide nous explique qu'à cause des onze bombes réussies par les allemands, le Palais est en reconstruction depuis 1979, mais qu'on fait de gros efforts d'y reproduire une copie exacte. J'apprends que les mêmes allemands y contribuent. Eux seuls, par exemple, possédaient des photocopies de couleur de la chambre en ambre. Tandis qu'on remarque souvent le même E stylisé pour Elizabeth incorporé dans la décoration, nous sommes assurés qu'aucun velouté ne se répète, et on n'essaie pas de les compter, tel qu'ils sont nombreux! Devant la grande salle de bal qui mesure 1 000 mètres carrés jusqu'à cette chambre complètement revêtue en ambre (6 tonnes, en effet!) fourni de la mer Baltique nous restons bouche bée. Quelle richesse!
Plusieurs salles à dîner : l'une verte avec les colonnes, style allemand, avec ses foyers de tuiles et ses vases Delft ainsi que l'ameublement allemand. L'autre, moins vaste, dont les murs sont revêtus en soie à la française de la période Louis XV. Encore une autre, italienne cette fois, avec ses foyers de marbre rose et vert et des peintures de proies de chasse ou encore de fruits et légumes.
À côté de la porte pour sortir, nous avons vu une vieille chaise ruinée par l'humidité; elle semble avoir été la préférée de Catherine la Grande et c'est elle, on nous dit, qui la laissait traîner dehors.
À l'extérieur, nous avons pu marcher jusqu'au lac, réseau naturel d'eau pour le Palais. À ses bords, on découvre une petit ‘chalet palais', revêtu de coquillages. Il servait aux rencontres amoureuses en cachette, paraît-il, en dehors des yeux curieux des domestiques. Au centre du lac, une île artificielle supporte une petite forêt de grands arbres qui essaient de cacher un petit théâtre privé. Le tout : lac, platebandes ordonnées, sentiers tranquilles dans l'immense parc doté de grands arbres, réussissent à créer un sanctuaire loin de la vie russe qui mijote jour et nuit en ville. Un riche palais extravagant, oui, mais aussi un lieu plus simple, reposant pour y passer l'été.
Notre dernier souper à Saint Pétersbourg. À la recherche d'un repas qui plairait à tout le monde, nous remarquons une enseigne exposée dans la vitrine d'un petit restaurant : [SUSHI]. Ça nous allume l'esprit! Pourquoi pas? Bonne décision! On y trouve d'abord un menu russe à notre niveau : tout y est présenté en images. Nous n'avons qu'à indiquer de l'index notre choix. Il n'y manquait ni la variété ... ni la qualité. Nous en avons dégusté avec plaisir, en compagnie d'une bonne bière. La rentrée à l'hôtel se fait joviale...‘Sushi en Russie'. Notre séjour russe finit bien.
Susan Théoret
Le samedi, 27 août 2005: Saint Pétersbourg, Russie
Dernière journée de voyage. Aucune activité ni visite en vue. Tout avait été réglé d'avance: l'heure de descente des valises de nos chambres, l'heure du lunch à midi dans le restaurant de l'hôtel, le choix du menu avait été fait la veille afin qu'on mange à midi pile et qu'on quitte à 13 heures pour l'aéroport. La seule activité possible était celle de faire une marche en attendant....
On se félicitait de n'avoir eu aucun problème grave durant ce voyage: pas de foulure ni de fracture, pas de perte de documents, etc.. Sans compter le beau temps qui a duré durant tout notre séjour à St-Petersbourg !
Le tout s'est déroulé tel que prévu: le chauffeur est venu nous chercher à 13heures et nous sommes arrivés à l'aéroport pas mal à l'avance. L'embarquement dans l'avion s'est déroulé sans encombre, l'avion est parti à l'heure... Mais.... Nous avions perdu de vue l'horoscope de Pauline qui n'annonçait rien de bon pour cette journée. Rendus sur la piste d'envol, nous avons été informés par le pilote qu'il nous fallait retourner à la porte d'embarquement pour faire corriger un problème mécanique sur le moteur, une affaire de 20 à 25 minutes nous avait-on précisé, que le pilote chercherait à rattraper.
Malheureusement, ce fut un retard d'une heure et demie environ et, hélas, la plupart des passagers qui avaient une correspondance à faire, sont arrivés en retard. L'attente a été pas mal longue au comptoir d'Air France pour accommoder tous ces passagers. Deux personnes du groupe se sont retrouvées à l'hôtel Campanile, alors que les 8 autres étaient logées au Holiday Inn. Notre amie Odette a essayé d'aider un couple Russe, qui ne parlait ni anglais ni français, auprès de la préposée du service à la clientèle, et le couple Théoret a pris la relève lorsque le douanier s'est aperçu que ces deux personnes ne pouvaient entrer en sol français sans passer par le service d'immigration. Cela leur a pris une heure environ.
Nous étions bien fatigués ce soir-là et nous avions hâte d'arriver à l'hôtel pour informer nos familles de ce retard.
Le lendemain, après le petit déjeuner, la plupart des membres sont allés explorer les alentours et visiter le village de Roissy. Enfin, vers les quatre heures, nous avons quitté l'hôtel en direction de l'aéroport. Le retour s'est bien passé, même si au débarquement, nous nous sommes retrouvés avec les passagers de 3 autres avions et qu'il nous a fallu bien du temps avant de pouvoir rencontrer un douanier.
Personnellement, j'ai été très content de ce voyage, mais j'avais hâte de me retrouver chez nous.
Pierre Girard
Epilogue
À la fin de ce merveilleux voyage, il y avait unanimité au sujet d'une rencontre qui aurait lieu quelques semaines plus tard. Ceci allait nous fournir l'occasion d'échanger souvenirs et photos, fournir aux co-directrices de cet échange des commentaires qui pourraient les aider à préparer leur rapport et, surtout, prolonger cette expérience commune qui nous a rapprochés les uns des autres.
Vers la mi-septembre, Janine et Denis ont gracieusement proposé de nous recevoir tous à leur demeure, le 22 septembre, pour un spaghetti de l'amitié. Une fois de plus, ce fut l'unanimité. Bien sûr, tous étaient au rendez-vous, qui avec un peu de vodka, pain, salade, vin et dessert pour complémenter ce que nos hôtes, montréalais cette fois, nous réservaient. Comme il se doit, le beau temps était de la partie, comme ce fut le cas pour la très grande partie de notre voyage, à cette différence près que nous avons eu, en après-midi, un petit avant-goût de l'automne québécois.
Je ne tenterai pas de décrire, pour le bénéfice de la postérité, la teneur précise des échanges et des agapes. Qu'il suffise de mentionner que les onze participants y ont vécu 5 ou 6 heures joyeuses grâce à l'accueil chaleureux de nos hôtes. Au moment de rentrer chacun chez soi, on a pu entendre plus d'un formuler le souhait qu'on puisse trouver une occasion, sinon une excuse, bonne ou mauvaise, pour se revoir dans un proche avenir.
Sur le chemin du retour vers Sherbrooke, ce soir-là, Susan et moi partagions l'avis que nous avons vécu une expérience mémorable à plusieurs égards, avant, pendant et après cet échange. Le tout nous a permis de créer des liens d'amitié avec des gens qui nous étaient totalement inconnus, il n'y a pas si longtemps, ce qui, finalement, donne tout son sens à la Force de l'Amitié.
Andre Theoret
Les Ambassadeurs
Odette Beaudoin
4800 rue Grosvenor
Montreal, Qc, H3W2L8
Tel. : 514-369-0879
Pauline Hache
555, rue St-Thomas, App. 201
Longueuil, Qc J4H3A7
Tel. : 450-670-1447
Janine Buist & Denis Belair
10266, boul. des Galeries d'Anjou
Ville d'Anjou, Qc H1J2Z2
Tel. : 514-354-3550
Galina Korobova & Boris Popov (fils)
365 rue Etienne-Brule
St-Bruno, Qc, J3V2N2
Tel. : 450-321-0568
Therese et Pierre Girard
Dollard-des-Ormeaux, Qc H9A2V6
Tel. : 514-683-7150
Susan et Andre Theoret
109 rue Anselme-Lavigne 430 rue de Boischatel
Sherbrooke, Qc, J1J 2R6
Tel. : 819-346-6340
Pierrette Dumas & Raymond Vaillant
5590, rue C.A. Jobin
St-Leonard, Qc H1P1H8
Tel.: 514-321-8048
